Le ricanement des hyènes, ou quand Le Point.fr dégaine son «Berretta»…

Comment résister à un titre choc (d’aucuns diraient racoleur?)
Emmanuel Berretta, porte-flingue du point.fr, n’y a pas résisté, en dégainant ce titre d’une grande subtilité: Danielle Mitterrand contre Frédéric Mitterrand, à propos de l‘Appel « Impossible absence: qui lancera l’alerte? » de défense du service public de la culture lancé par Cassandre/Horschamp.
Le problème, c’est que le titre, comme l’article, est un tissu de mensonges et de contrevérités.
1/ Danielle Mitterrand n’est en rien à l’origine de cet appel qu’elle s’est contentée de signer, comme la simple vue du site sur lequel l’appel est diffusé aurait pu en avertir l’auteur.
2/ Cet Appel n’est pas particulièrement destiné au ministère de la Culture, et ne concerne pas seulement la RGPP, mais s’adresse surtout à l’ensemble des partis de gauche, que l’on souhaiterait voir offensifs sur les questions de culture et d’art face à une destruction orchestrée ou une instrumentalisation à des fins économiques. La question de la prise en compte de l’art et la culture par les politiques va bien au-delà de la réorganisation du ministère de la Culture, même si celle-ci est révélatrice du peu de cas fait de la création!
Bien évidemment, sous ce titre racoleur, les hyènes se sont déchaînées dans les commentaires, montrant, si besoin était, l’étendue de la réduction des «cerveaux disponibles» opérée par l’idéologie néolibérale de l’hebdomadaire de François Pineau, l’homme qui a transformé le pseudo «agitateur culturel» qu’est la FNAC (autrefois emblème d’un mouvement coopératif pour un accès plus facile à la culture) en usine à vendre de l’industrie culturelle, machine à broyer ses salariés, et lobby pro-Hadopi.
«Artistes bobos», «art payé avec nos impôt» », toutes les niaiseries éculées des spectateurs de La Ferme des célébrités et de Johnny Halliday y passent, non sans quelques graves dérapages homophobes ou fascisants (l’«art dégénéré», ça rappelle quand même de sinistres souvenirs.)
Et comme personne ne veut être en reste dans le racolage, le Post. fr se croit obligé de reprendre l’info. Sans bien évidemment la vérifier.
Coïncidence amusante: ces gros couacs putassiers de plumitifs en mal de sujets, interviennent le jour où Arte, relayée par France-Inter, annonce à grand bruit un documentaire de Daniel Leconte: Journalistes en colère.
On y verra notamment, entre autres l’ineffable Pujadas, s’en prendre au conformisme (!!!) . Oh, pas celui qui voit le Post.fr reprendre une fausse info du point, celui qui fustige « les bons sentiments qui donnent toujours raison au faible contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective ».
On est rassuré: ce sont en effet ces « bons sentiments » contrevenant à l’idéologie néolibérale, qui nuisent au crédit du journalisme, c’est bien connu… plutôt que les moutons de Panurge fonçant tout droit et de concert dans les caniveaux!
Valérie de Saint-Do
9 février 2010 à 13h34
J’ai ce sentiment, et vous avez les mots. Bravo pour cet article mais malheureusement, les âneries, duperies « journalistiques » des médias dominants n’en finissent pas de tâcher la profession.
Ceci ne peut être changé que par un peuple déterminé, mais cela reste une utopie, il suffit de lire les commentaires pour s’en rendre compte.
Le point va d’ailleurs sortir un article dans lequel BHL va s’expliquer sur son incompétence et ignorance encore affiché dans son prochain livre où il cite un « philosophe » Botul … qui n’a jamais existé.
9 février 2010 à 15h15
A propos de ce journaliste, je glane sur qques blogs :
« Emmanuel Beretta, dont les trois-quarts des informations sont démenties dans la demi-journée qui suit leur mise en ligne… », « bras armé de la Sarkozie », « représentant en tuyaux percés »… un portrait-robot du journalisme-poubelle tel qu’il se pratique aujourd’hui.
Merci à votre belle revue de nous prouver qu’on peut encore informer, en qualité et en profondeur, sur des sujets si importants et comparativement cruellement absents du paysage médiatique, politique, public… !
Mais j’entends aussi sur la toile que certains politiques voudraient vous faire payer au prix fort votre liberté de ton, qui ne comblerait pas leur déficit d’image…
Continuez à publier, envers et contre tout, nous avons besoin de votre pensée critique, pour étayer nos arguments et nos pratiques d’une culture vivante, joyeuse et rebelle ! La pensée molle ne passera pas par nous !
9 février 2010 à 15h37
En effet!
Bien exécuté par Stéphane Guillon ici:
http://www.dailymotion.com/vid.....mmanu_news
9 février 2010 à 16h19
[...] This post was mentioned on Twitter by Rezo.net, Samuel Wahl, Valérie de Saint-Do, Rezo, Zgur and others. Zgur said: RT @ValdeStdo: Réponse à la désinformation du Point et du post: http://www.microcassandre.org/?p=1063 [...]
9 février 2010 à 17h08
si on vous lit je serait un dangereux manipulateur .
BON ….
Plus sérieusement je ne dit pas que madame Mitterrand est l’origine de ce manifeste ,mais qu’elle l’a signer .
quand au second point j’avoue n’avoir pas suivit le sujet .
mais je ne voit pas le rapport avec le doc de Arte ?
en quoi l’info est fausse puisque dans mon post je relate (comme le dit le point ) que le collectif dit que ce n’est pas dispute de famille .et franchement je me sens pas sarkozyste .
9 février 2010 à 17h16
Votre commentaire, comme votre post est un exemple superbe de ce que donne le journaliste confié aux analphabètes…
9 février 2010 à 18h11
Pouriez vous repondre sur le fond svp .
juste un truc le post a été amendé dans un sens qui n’est pas différent de ce que vous écrivait.
je reconnait que ma grammaire et mon orthograph est nul .cela nous autorise pas a m’insulter.et je ne suis pas journaliste ,je n’ai eut jamais cette prétention .
9 février 2010 à 18h18
Bon, un peu de pédagogie puisque cela semble nécessaire.
1/ Puisque vous reconnaissez ne rien connaître au sujet de la culture (ça se voit) et que vous n’avez pas la prétention d’être journaliste, pouvez-vous me donner la raison de la pulsion qui vous pousse à poster une information piquée sur un autre site, sans même la vérifier ni l’approfondir?
2/ Il ne suffit pas de reprendre le démenti à la fin d’un papier quand son titre est mensonger.
3/ Il vaut mieux comprendre, quand on se permet de poster un papier à propos d’une pétition, quels sont ses tenants et ses aboutissants et ce qu’elle veut dire.
cela dit, l’aberration c’est surtout que Le Post, qui compte quelques journalistes, laisse paraître un tel torchon erroné et bourré de fautes en Une de son site… en prétendant l’info vérifiée!!!
9 février 2010 à 18h20
http://www.lepost.fr/article/2.....mareaction
9 février 2010 à 18h38
bien
ce qui me pousse a écrire?
j’ai toujours rêver d’être journaliste ,mais j’ai bien conscience de mes lacunes .
j’ai toujours envie d’écrire ,maitenant vous demandez de vérifiez ma source ,mea culpa .je doit le faire et je le ferait.
vous dite que je suis indifférant .non .
je lis des bio ou des éssait politique(le livre michel cotta sur la V république,la biographie de Talleyrand Emmanuel Wasquiel )des romans (beigbeider,ludlum,clancy,brégaudaud),il m’arrive de visiter des musées(versailles ,le louvre)
j’aimerait a l’avenir pouvoir dialoguer avec vous .
9 février 2010 à 18h38
sur le post ou ici
9 février 2010 à 20h57
Bravo Valérie ! Quel courage !!! Bel exercice de patience et de pédagogie pour essayer de faire comprendre aux incompétents qui relaient la poubelle nommée le point et autres machines à décerveler, qu’ils ont du boulot pour devenir un jour des journalistes dignes de ce nom.
On ne sait jamais, ça servira peut-être, et ainsi éviteront-ils à l’avenir de renouveler l’exercice honteux de mensonge et de falsification auquel la presse, ce beau métier, est aujourd’hui réduit dans ce pays !
9 février 2010 à 23h58
muhahaha lepost.fr… Autant râler contre Infos du Monde.
10 février 2010 à 0h52
Quel foutoir, internet ! Déversoir de toutes les frustrations… Tous ces « commentateurs » la main sur la couture du pantalon en public, mais à pissoter des petits jets bien jaunâtres sur leurs claviers anonymes. Pendant ce temps-là, les fossoyeurs peuvent travailler tranquilles à leur sinistre besogne.
Le pia-pia démocratique…
11 février 2010 à 16h41
Oui Marie c., c’est certain, mais c’est à nous de faire passer d’autres messages, qui ne soient pas falsificateurs et mensongers, il faut le faire sans relâche. Tant que c’est possible, partout où c’est possible, faire vivre une vraie démocratie.
11 février 2010 à 17h01
12 février 2010 à 14h20
L’art est une chose commune à tous les hommes, l’une des caractéristiques de l’être humain. Dès qu’il devient rentable il perd son sens, car il se soumet alors à une loi qui n’est pas la sienne : celle du chiffre.
Il est donc très important que cette fonction soit défendue et portée par l’ensemble de la société comme un bien commun. Et non pas comme une production de marchandises. C’est très important pour vous et moi, pour nous tous. Car lorsque les marchands auront complètement réussi à tout réduire à la mécanique de la rentabilité, c’est une part de notre humanité qui aura disparu.
L’appel lancé par la revue Cassandre/Horschamp veut simplement rappeler cette vérité : il s’agit d’un enjeu de civilisation, d’un outil qui est le seul apte à nous permettre de résister à la déshumanisation générale à laquelle nous assistons dans tous les domaines.
Une société de surveillance et de profit, une barbarie moderne ou l’autre ne compte plus comme être humain véritable, mais comme source de gain possible ou comme danger potentiel.
Cest d’abord un appel qui s’adresse aux politiques pour qu’ils prennent conscience de l’importance de cet enjeu. Parce que nous avons besoin qu’ils en prennent conscience. C’est urgent maintenant. Ils doivent le faire.
La plupart du temps les politiques ne comprennent pas de quoi il s’agit quand on leur parle d’art et de culture : ils pensent d’abord qu’ils peuvent s’en servir pour briller, pour donner un peu de valeur ajoutée à leur région à leur département ou à leur ville.
Mais il faut aujourd’hui qu’ils comprennent qu’il s’agit là d’un enjeu infiniment plus essentiel – aussi essentiel que celui de l’écologie – pour notre survie à tous en tant qu’êtres humains véritables, en dehors du système marchand.
Pour l’écologie et tous les problèmes environnementaux, on a fini par le comprendre, tous, de gré ou de force, qu’il s’agit d’une question majeure pour notre survie.
Même les néolibéraux ont fini par le comprendre ou par faire semblant de le comprendre, car on ne peut plus échapper à la réalité du danger.
Mais pour l’esprit, pour l’art, pour la culture, beaucoup s’imaginent que ce n’est pas si important. Pourtant un être humain, c’est avant tout fait de symboles, ça se construit avec des idées et des émotions, et de cela qu’il s’agit avec la culture : de la construction de l’humain. Simplement.
C’est ce que l’on appelle parfois l’âme, ce vieux mot qu’on n’emploie plus beaucoup, l’âme de l’humanité, qui est cause. Et en danger.
Et ce n’est pas une question seulement d’argent.
La question véritable c’est qu’il faut que la société tout entière participe de cette vie de l’art et de la culture dont nous avons tous un besoin vital. C’est pour ça qu’il faut défendre le service public de l’art et de la culture. Parce qu’il ne faut pas que ça appartienne à quelques-uns, mais à tous. C’est un bien commun de notre humanité.
13 février 2010 à 3h46
L’important, c’est de signer ici : http://horschamp.org/spip.php?article3211
13 février 2010 à 17h05
Et puis si MR veut vraiment en savoir plus, c’est ici :
http://horschamp.org/spip.php?article3233
14 février 2010 à 13h26
« l’étendue de la réduction des cerveaux disponibles »
- Meuh non ! l’étendue de l’amplification des cerveaux INdisponibles :-]
15 février 2010 à 0h20
Oui bien sûr, et on pourrait aussi dire :
L’étendue de l’amplification de la réduction des cerveaux de plus en plus indisponibles à ce qui améliore l’efficacité d’un cerveau et simultanément la surmultiplication exponentielle de ce qui rend ces cerveaux de plus en plus quotidiennement disponibles à ce qui détruit la pensée.
15 février 2010 à 0h24
waow, Philémon! On dirait presque du Franck Lepage dans sa démonstration sur la langue de bois
15 février 2010 à 16h52
Ben oui, restons simples, et disons qu’il y a des gens qui ont intérêt (ou qui croient avoir intérêt) à ce que la pensée se raréfie !
20 juillet 2010 à 6h55
[...] En tout cas, c’est Cassandre qui nous le révèle : lire l’article [...]