Cassandre/Horschamp passera-t-elle l’hiver?

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Contre la machine à décerveler

Contre la machine à décerveler

Je n’avais pas prévu , aujourd’hui, de parler de nous.

Je pensais commenter assez incisivement cet article, qui montre dans quel état de délitement et de régression est aujourd’hui la réflexion sur le service de la Culture au moment où sous couvert de célébration (bien discrète) de son cinquantenaire, on enterre le ministère de la Culture.

Mais il y a le feu à la maison Cassandre.

Demain, nous allons recevoir à notre bureau le dernier numéro, que vous recevrez vous-mêmes dans quelques jours si vous êtes abonnés.

Nous nous battons aujourd’hui pour que ce numéro ne soit pas VRAIMENT le dernier.

Depuis 15 ans, Cassandre, puis Cassandre/Horschamp, a tenté d’offrir une autre information artistique et culturelle. De réagir à la tendance qui voit nos confrères, même les plus honorables à l’origine, se transformer en guides de la consommation du spectacle. D’analyser les interactions entre l’évolution d’une société et les transformations de son imaginaire. De mettre en valeur des artistes et des acteurs culturels qui œuvrent là où l’art « ne va pas de soi » (dans les banlieues, en prison, dans les hôpitaux, en milieu rural…) D’affirmer que les inégalités de « capital culturel » ne sont pas une fatalité.

Cette aventure éditoriale, on s’en doute, n’est pas rentable. Ni «bankable» pour des annonceurs. Ni « sexy » pour les diffuseurs et les médias. Elle n’a pu vivre qu’avec des soutiens publics, sans jamais pour autant cesser de se montrer critique envers les tutelles du monde culturel et ses institutions. Dans un contexte où l’existence du service public de la culture est gravement menacée par un gouvernement qui ne conçoit la culture qu’au service de sa communication ou de grands groupes privés des industries culturelles, une grande partie de ces ressources nous a été retirée.

Nous mettons aujourd’hui nos partenaires devant leurs responsabilités, mais au-delà, c’est à nos lecteurs et amis de nous manifester leur désir de voir l’aventure se prolonger. En nous lisant, tout d’abord. Et aussi en relayant cette information dans leurs journaux, sur leurs sites, leurs blogs, leurs « réseaux sociaux »:
http://www.horschamp.org/spip.php?article2922

Parce que nous avons la prétention de croire que notre disparition créerait un véritable vide dans le paysage éditorial de la presse culturelle. et que, de surcroît, notre disparition ne serait que le signe avant coureur de l’asphyxie de toutes les expériences culturelles et artistiques que nos défendons et qui défendent, loin des sunlights et sur des terrains « difficiles », une certaine idée du service public de la culture. Notre ami Richard Martin, qui en est à son dixième jour de grève de la faim, en est un bon exemple… (voir le précédent post ci-dessous)

D’avance, merci à vous! Sans votre soutien, Cassandre/Horschamp, qui a annoncé la catastrophe présente, a fort peu de chance de passer l’hiver.

Valérie de Saint-Do

SOUTENIR LA REVUE : http://horschamp.org/spip.php?article2440

Cassandre/Horschamp, 16 rue Girardon, 75018 Paris.
01 40 35 00 98
www.horschamp.org

Merci à Jean-Pierre Thibaudat qui se fait l’écho de nos préoccupations dans son blog sur RUE89.


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