Culture: silence, on massacre…

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Y-a-t- il encore des voix à gauche pour dire que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité?

Les mails et les mauvaises nouvelles arrivent de partout. Ici, c’est le Volcan, scène nationale du Havre, qui voit diminuer ses subventions de 100000 euros.  En Seine -St-Denis, des compagnies ayant mené un travail remarquable au long cours comme le centre dramatique de La Courneuve,des lieux emblématiques comme les Instants chavirés et de nombreuses autres équipes font les frais d’une nouvelle politique culturelle placée sous le signe des restrictions et d’une conception mesquinement gestionnaire de la culture . A Paris, c’est le Grand Parquet, lieu formidable de brassage de différentes cutlures à Paris, qui perd 30000 euros de subventions municipales.

Et les coups, hélas, ne viennent pas seulement de l’Etat ou des collectivités territoriales gérées par la droite. Un temps, la gauche a pu, dans ses mairies, ses régions, compenser en partie le désintérêt total du gouvernement pour une culture qui ne srésduise pas aux intérêts des multinationales du disques pôussant des cris d’orfraie contre la loi Hadopi. Mais désormais, on fait comprendre partout aux artistes que « c’est la crise », qu’ils ne sont pas les plus mal lotis et qu’ils doivent souffrir en silence.

Ce qu’ils font, de fait. La profession est réduite au silence, face aux souffrances généralisées des plus fragiles sous le sarkozysme.

C’est peut-être le pire de ces politiques d’austérité concertées: cette culpabilisation populiste de ceux qui vivent de leur passion. Il faut une bonne dose de courage politique pour défendre les budgets culturels, face à ce qui frappe les Conti, par exemple, et tant d’ouvriers des zones sinistrées. On oublie juste au passage que la réforme inique du régime des intermittents de 2003, qui n’a réduit en rien les déficits, combinée aux baisses généralisées de crédit, est l’équivalent d’un gigantesque un plan de licenciement dans les métiers de la culture.

Et puis, soyons sérieux cinq minutes. Parce que à l’échelle d’une grande ville, d’un département, d’une région, et même d’un ministère, les économies ainsi réalisées sont parfaitement dérisoires. On peut faire vivre un théâtre, ou plusieurs compagnies à l’année avec le budget d’un seul rond-point! sans parler du budget déployé pour des caméras de surveillance l’Angleterre a fait l’expérience de l’inefficacité… Et puis, il faut parler aussi de ce qui fâche à l’intérieur même des politiques culturelles. Du bien fondé de choix d »‘équipements pharanoniques dont on n’arrive pas par la suite à suivre les frais de fonctionnement, plutôt que de miser sur des structures et des équipes à dimension humaine, moins rentables en termes de communication, mais oeuvrant sur let terrain pour un partage du savoir et du sensible tellement urgent actuellement.Du financement de festivals produits par des machines à frics de la production internationale privée, au détriment du tissu associatif. Du choix de l’audimat et de l’événementiel plutôt que du long terme.

Les artistes et les élus soucieux de défendre la culture n’ont pas à raser les murs. Mais à affrimer , haut et fort, qu’en temps de crise, elle est mois que jamais une cerise sur le gâteau u un luxe, mais une exigence.

P.S: une journée d’action est prévue le jedi 10 septembre, à l’appel du Syndeac.

Valérie de Saint-Do


9 commentaires pour “Culture: silence, on massacre…”

  1. eric citoyen écrit ce commentaire

    Les économies serviront à payer de l’essence pour l’airbus impérial de sarkozy.

  2. Michel Thion écrit ce commentaire

    Il faut ajouter à cela l’extension du champ de ce qu’on l’on let sous le nom de « culture ».
    A Nîmes, il y a un maire-adjoint « à la culture et à la tauromachie »…
    La dégradation générale des programmes des scènes subventionnées est patente. Les auteurs vivants sont absents des programmes, le théâtre s’érode au profit de la danse et des arts du cirque, respectables certes, mais d’où le texte est absent.
    L’exigence des élus de tous bords de rentabiliser les programmes sur le plan électoral se généralise. On recrute partout prioritairement des responsables artistiques fonctionnaires, lauréats ds concours administratifs, etc… au détriment des professionnels.
    De plus en plus de lieux fonctionnent sans budget pour payer les artistes. Ils y jouent « à la recette » voire « au chapeau »…
    Combien d’artistes ont-ils perdu le statut d’intermittent depuis cinq ans ?

  3. Chantal écrit ce commentaire

    Je dois me prendre des super pseudos pour parler, car tous les blogs sont surveillés, et comme je suis subventionné par une mairie de gauche, si j’en dis du mal, ils sont prêts à me virer immédiatement.
    Vont -ils aller jusqu’à noter le numéro de l’ordi, pour savoir qui je suis. J’en ai peur. Je me suis fait prendre déjà une fois, on m’a demandé de me taire.
    Bref…

    Je n’ose pas vous décrire la gabegie qui règne dans une agglomération à majorité PS.
    Je n’ose pas vous parler de l’argent qu’ils claquent en audits inutiles en enquêtes, en sondages ridicules.
    Je n’ose pas vous parler des frais de déco de nouveaux bureaux, je n’ose pas tout dire, car on est dans une totale décadence.
    La gauche a du mal à comprendre que les gens attendent d’elle une vraie gestion au cordeau.

    je suis écoeuré, je viens de voir passer sous mes yeux quasiment 1 million d’euros versé à des officines liés au PS pour des dépenses stériles, tandis que des associations culturelles supplient qu’on les aide sérieusement.

    Les régionales vont être une catastrophe pour la gauche.

    Mais c’est terrifiant, si tu attaques la gauche, ils te disent que t’es un ennemi de la gauche, donc on avale notre parapluie dix fois par jour.

    Ce que j’ai à dire, c’est que de l’argent, il y en a, il y en a.

    Mais faut vraiment que ça rapporte électoralement pour qu’ils t’en donnent.

    Chantal Rabet

  4. Annabelle écrit ce commentaire

    L’argent il y en a, oui.
    La baisse de la TVA dans la restauration équivaut à un manque à gagner de 3 milliards pour l’Etat. Et 3 milliards, c’est justement le montant du budget du ministère de la culture. Deux poids, deux mesures…
    Mais notre cher ministre a affirmé ce week-end que de l’argent pour la culture, il y en a, pas de problème. Ouf, on est rassuré…

  5. Simon Dedieux écrit ce commentaire

    Et voilà que nous arrive la taxe carbone.
    Un artiste étant -presque par définition- quelqu’un qui voyage autant qu’il fait voyager, le bilan carbone de nos activités est assez désastreux, surtout quand on trimballe un décor, ce qui est le cas de presque tout le monde…
    Il n’y a que le chomage qui est vertueux!

  6. chrisdabin écrit ce commentaire

    moins 100 000 pr le Volcan !? le département de Seine-Maritime a bien retiré 55 000 euros de subventions. Cette somme étant pour des places à prix réduit pour ceux qui n’ont pas ou peu de revenu.
    Pour les 45 000 restants, je veux bien les chiffres et les noms de collectivités. merci d’avance.

  7. Valérie de St-Do écrit ce commentaire

    Ma source est absolument sûre pour les 100000 euros, mais je n’en connais pas le détail. Je peux l’obtenir. Mais de toutes façons, déshabiller Pierre pour habiller Paul n’a jamais fait une politique culturelle. C’est ce qui se passe en Seine St-denis: à budget constant, on lance une opération dans les collèges… et le million d’euros qui lui est consacré est retiré au budget de création des compagnies, comme si l’intervention en milieu scolaire ne se nourrissait pas de la création!

  8. chrisdabin écrit ce commentaire

    merci pour votre réponse détaillée sur le rôle de la Région Haute-Normandie et du Département 76. Je vois que vous avez le même problème d’antiquaires-brocanteurs en Seine St Denis.
    Je viens de m’abonner à votre blog. Si un jour vous veniez à parler du SPOT au Havre, je me ferais une joie de vous expliquer les liens entre Rouen, Rennes, ses responsables politiques et les subventions qui continue de se déverser sur ce centre d’art contemporain. Et pourquoi :-) )

  9. chrisdabin écrit ce commentaire

    En fait plein de bonnes nouvelles pour Le Havre et Le Volcan, Scène Nationale, qui vient de passer en EPCC, et en comptabilité publique : + 500 000 euros pour l’artistique : « le directeur rappelle avec plaisir que «le disponible pour l’artistique est passé de 800.000 à 1,3 M€». Il regrette que le Conseil général de Seine-Maritime ait annoncé le retrait de ses subventions qui s’élevaient à hauteur de 55.000 €, pour le volet insertion des publics en difficulté. »
    …bon pour les moins bien ciblée du département de Seine-Maritime… :-( ((((
    Article source sur infoceane.com : http://www.infoceane.com/journ.....olcan.html

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