Un nouveau rendez-vous ouvert à tous, avec exigence
Vous avez peut-être connu l’aventure particulière de MicroCassandre, l’impertinente petite sœur numérique de la revue papier Cassandre/Horschamp. Ce samizdat électronique et irrégulomadaire qu’on pouvait aussi imprimer permettait de réagir plus vivement sur des questions où se croisent les trois champs qui nous préoccupent depuis nos débuts (et selon nous ne devraient jamais être séparés) : l’art, la culture, la société.
Le talent et la sagacité de Valérie de Saint-Do et de Samuel Wahl en ont fait un petit objet utile, insolent, drôle, qui nous a permis d’agir sur deux temporalités et deux fronts distincts : l’analyse de fond dans la revue, les informations à chaud et les humeurs vives dans MicroCassandre. Ces deux niveaux, celui de la réaction à l’actualité et celui de la réflexion, sont indispensables à qui veut comprendre son temps au-delà des apparences. Mais les temps s’accélèrent dangereusement. Si la réflexion et l’analyse doivent conserver leur temporalité propre, les informations doivent aussi circuler plus vite.
En une période d’urgence où tous les outils construits et développés après guerre en faveur d’une culture et d’une pratique de l’art démocratiques menacent d’être détruits dans notre pays, nous passons à la vitesse supérieure. Nous voulons, en plus de la revue, créer un outil pour réagir en temps réel. Cet espace vous est ouvert.
Pour autant, nous n’abandonnerons pas ici nos exigences. Exigence d’honnêteté, exigence dans le choix des thématiques, dans le souci de refuser cet élitisme clinquant qui s’affiche en une de nombreux magazines et de toujours relier les questions d’art et de culture au mouvement réel de la société. Exigence, évidemment, du refus de l’autopromotion : même si nous voulons diffuser des informations sur beaucoup d’actions passionnantes, nous ne devons jamais renoncer au refus du marketing et du consensus mou. Nous voulons que l’on retrouve ici cet esprit vif et critique qui caractérise Cassandre/Horschamp. Exigence d’écriture aussi, de style, de précision. «La forme, c’est le fond qui remonte à la surface.» écrivit, paraît-il, le grand Victor Hugo…
C’est très souvent dans le soin que nous portons à la manière d’exprimer nos idées que nous faisons passer les messages les plus forts. Nous voudrions donc que ce blog soit un rendez-vous d’exception, qu’on s’y interdise le lieu commun, que non seulement on y intervienne sur l’art et la culture, mais qu’on y agisse en artistes. Qu’on y découvre des actions et des réalisations méconnues du monde de la culture et de l’art sans céder aux modes, fusse même celle qui consiste à prendre systématiquement la défense des petits, des gens, des citoyens, de la proximité. Tout cela, qui est de l’ordre d’une recherche de la démocratie, nous intéresse énormément, mais dans la mesure où l’on s’y engage vraiment, où l’on y met tout son talent, loin des facilités de la langue passe-partout souvent utilisée dans les milieux dits culturels. Que ce rendez-vous serve, aussi, de lieu de défrichage ouvert à tous pour inspirer les développements dont la revue papier reste le véhicule privilégié.
Bienvenue à vous, qui partagez ces ambitions !
Nicolas Roméas
2 février 2009 à 19h58
Bonsoir,
Belle initiative.
Malheureusement le dernier paragraphe de ton édito est un peu décourageant.
Dommage.
Je vais devoir méditer pour savoir si mes éventuelles contributions seront susceptibles de réunir l’ensemble des critères que tu invoques.
D’emblée tu nous informes de ce qui sera, ici, « interdit » (si tu as mis la main sur le détecteur automatique de « lieux communs » cela m’intéresse vraiment).
Qui et sur quels critères jugera de la qualité « d’artiste »?
Comment espères-tu « qu’on y découvre des actions et des réalisations méconnues du monde de la culture et de l’art sans céder aux modes » si pèse, à priori, sur le prescripteur potentiel, la condamnation de travailler à son autopromotion ».
Je partage tes ambitions.
Je souhaite grand succès à ce blog.
Attention à ne pas le plomber tout de suite à coup d’injonctions inutiles et démoralisantes.
Car de ce côté là, ça va, on est déjà suffisamment servi.
Bien à toi.
3 février 2009 à 12h44
Bon, mon cher Bongiovanni, l’essentiel c’est que vous partagiez nos ambitions ! Et merci de saluer l’initiative !
Il ne s’agit pas réellement d’«interdits», mais simplement de placer la barre un peu haut…
Tant mieux pour nous si nous parvenons à nous hisser à un bon niveau… Peut-être n’y parviendrons-nous pas à chaque fois, mais si on n’essaye pas, nous aurons encore moins de chance d’y parvenir…
Je ne crois pas que l’on doive aujourd’hui, comme c’est souvent le cas, se contenter de hurler contre les mesures assassines de l’actuel gouvernement, il faut aussi, peut-être, remettre courageusement en question l’attitude molle et consensuelle d’une bonne part du milieu dit «culturel» depuis des décennies (sans parler des politiques de tous bords à peu près muets sur ce sujet), attitude qui, je crois, a contribué à faire le lit du désastre actuel.
Oui, Pierre, il s’agit en effet d’avoir quelques ambitions, et d’abord celle d’éviter de tomber dans le langage souvent baclé, vous en conviendrez peut-être, des commentaires de blogs. L’art ce n’est pas seulement pour nous un SUJET, c’est aussi notre affaire à tous, dans notre manière d’agir.
4 février 2009 à 19h21
Je trouve cette introduction au blog très encourageante, au contraire de ce que dit Pierre, car ça nous encourage à faire des efforts, ce qui me paraît très salutaire ! Bravo pour le blog, c’est vraiment une très belle initiative.
5 février 2009 à 12h31
Bonjour, Blog.
Il se trouve en ce bas-monde une flopée de gens pour le trouver inacceptable dans l’état où il est. Y sont représentés des courants divers et sifiés, allant de l’altermondialiste abonné à la biocop jusqu’au malveillant qui pense avoir la mission de changer le destin de la planète avec ses bombes, en passant par le révolté politique compulsif de coin de bar. C’est dire si l’exigence dans la résistance est une priorité. Sur les pages de Cassandre on lit ce qu’on ne lit pas ailleurs. C’est parfois pesant, orgueilleux, mais c’est souvent salutaire. Cette petite voix, qui refuse de disparaître dans les poubelles de l’histoire, elle me bassine parfois, elle me surprend d’autres. Mais elle fait partie des phénomènes contemporains qui m’aident à rester en alerte contre la paresse,l’ennui et l’envie de tripoter une blonde bourrée en regardant TF1.L’exigence, à mon sens, c’est l’incroyable capacité à ne condamner toute forme de pensée qu’après la certitude qu’on a à faire avec des faiseurs de mort. Ca fait du monde de pensée aussi. Je souhaite donc que ce blog soit un échange entre des gens qui ne sont pas forcément d’accord les uns avec les autres plutôt qu’une célébration de la culture envers et contre tout. Ladite culture doit sans cesse refaire la preuve de sa nécessité. Ce n’est pas acquis. Quand à l’art, comme le dit si mieux Mouajdi Mouawad, c’est une sensation qui se passe de commentaires. Il faut beaucoup de pensée pour produire une oeuvre d’art bouleversante, mais il faut qu’elle s’arrête au moment où il jaillit. Contribuons modestement, dans les coulisses, à la mouvance de cette pensée pré ou post-artistique, sans faire la confusion entre l’artiste contrarié et le critique éclairé. Voici, pêle-mêle et dans la joie, mes réflexions bordéliques saluant naissance de ce blog. Benoît Szakow
7 février 2009 à 14h18
Merci à toi Cassandre d’ouvrir ce lieu nouveau. Reconnaissons que ta voix, si elle dérange parfois, est souvent salutaire. Merci à toi Cassandre, d’ouvrir cet espace dans lequel à l’annonce immédiate, en complément des 4 n° annuels, tu pourras rapidement faire contre-poids et démontrer les contre-sens. Merci à toi Cassandre de te saisir de cette tâche ardue. Merci à toi Cassandre, d’ouvrir cet espace où ceux qui lisent peuvent aussi devenir ceux qui écrivent et répondant à la parole de Cassandre, porter la voix de Cassandre. Merci à toi Cassandre, je suis Cassandre.
8 février 2009 à 16h50
Mauvais blo(a)geur je ne sais « St doroméo » me servir comme un a(rti)s(te) de ce « micro ».
Je veux(je peux?)participer à la discussion entamée sur le con seilartistique.
Voilà le titre :Maisons de la culture, maisons de la santé : habiter!
Donc on(c)doit se pencher dans ce Conseil sur « l’évolution des maisons de la Culture nées dans les années 60 pour les adapter au nouveau siècle »
Dans la loi « Hopital, santé, patients, territoire » on(c) propose aussi de réanimer(Peloux!)les maisons de santé.
Pourquoi ne pas mettre en friction les « mêmes » audaces de l’après-guerre, car des centres de santé avec équipes pluridisciplinaires insérées dans un mouvement social auto organisé pour sa santé existaient réellement, voir ce qu’on(décidément) été leurs devenirs, leurs survivances, leurs morts souvent,leurs apories internes et pas seulement les adversités qu’elles ont hystérisé, dans différents champs du réel/fictionnel (ce qu’on(c) dit « la » santé, ce qu’on(c) dit « la » culture, « la » science…)au lieu de continuer à tourner en rond sur chacun de nos champs?
Amusant tout de même cette histoire d’en appeler à des formes passées qu’on(idem)a(NOUS, autant que les monarques républicains qui se sont succédés)tué pour,en les faisant évoluer(of corse),entrer les pieds devant dans le nouveau siècle!
Donc Maisons de la Culture, MJC/ centres de Santé, dispensaires, maison de la Santé voilà de quoi faire un beau tressage de fantômes, d’assassinats, de Renaissance avec douleurs, de savoir de qu’elles logiques transversales ces discours sont symptômes ?
De quels nouveaux partages des savoirs peut jaillir la Cassandre aux paroles plus cultivées que n’est la culture/contre culture actuelle qui recycle le différent pour refaire du « même », celui là même qui sort, aussi, de nos bouches.
Une nouvelle Cassandre HORS champs?
Je suis preneur de ce débat Maison de la Culture/Maison de la Santé puisqu’il émerge(naturellement?)en même temps, sans que grand monde fasse le rapprochement.
Gaffe il risque dans dire autant/plus sur nous(?)mêmes que sur le Monarque et ses soupirants!
A quand dans Cassandre, à quand dans la « Fraternelle », à quand aux Arts et Métiers?
Con se le dise, peut être saura t’on un peu mieux où s’con habite!
Daniel Le Scornet, animateur de la « Fraternelle »,Maison des Métallos.
11 février 2009 à 0h14
Ce « blog » à l’air interressant…
Mais puis-je être novice? Je ne suis pas blogeuse (pas mon choix de temps),c’est la première fois!
Par ailleurs, c’est la même chose pour l’écriture, je ne sais pas écrire.
Je préfère le contact,le frottement, la joute,l’étreinte quoi!…
Alors le style c’est quoi?
Je ne suis pas sûre d’entrer dans la case.
TANT MIEUX!
Qui suis-je?
Je suis une marionnettiste qui travaille pour une compagnie en résidence dans une ville de banlieue parisienne. BANALITE.
Et ce que c’est dur mais passionnant…BANALITE ENCORE….
ET ce que je me pose comme questions…BANALITE AUSSI…
C’est qui les gens? le « public »? C’est quoi une ville? C’est quoi l’art et la culture? Ca veut dire quoi une résidence d’artistes? C’est quoi un collectif? A quoi sert l’argent public?
Qui décide? Au nom de qui? Comment être au bon endroit à la fois sur sa propre recherche(individuelle), dans la relation et la création avec les artistes de la compagnie, puis avec ceux des autres compagnies en résidence, puis avec les individus qui travaillent dans ce centre culturel, puis avec les artistes de la ville, puis avec les habitants(les premiers en réalité), puis avec les élus de la ville, du conseil général régional etc.., puis au delà, puis etc…
Et déjà, dans ces questions je m’aperçois qu’il est question d’individu et de groupe…de chœurs et de coryphée.(je ne suis pas sûre de l’orthographe).
C’est trop facile de parler de communauté.Et puis c’est fermé, comme c’est arrangeant!
L’individu, le collectif…Le coryphée, le chœur…bon, C’est çà non?
« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de prouts euh! pardon de ponts » pour les droits d’auteurs Isaac Newton 1600 et quelques??,,,,,,
Et puis accorder sa pensée,sa parole,son geste quelle obsession?
C’est peut-être là ou le sentiment d’épuisement, de colère, de joie, de doute, de plaisir, de vie, d’angoisse, de tout est le plus fort.
Et là si je pense politique ou politicien C’est déprimant!….
Et comme chanterait le grand Jacques Ca va,ça va….ça vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
Bon Vent
Virginie Berland