Denis Robert croqué!

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On a connu le journaliste et l’écrivain. On a découvert avec plaisir le peintre (lire Cassandre /Horschamp n°76). Et voici que l’animal récidive en scénariste, avec une bande dessinée ! L’Argent invisible, tome 1 de L’Affaire des affaires vient de paraître aux Éditions Dargaud.

L’Affaire des affaires , c’est tout ce que vous avez voulu savoir sur Denis Robert en ayant la flemme de lire des pavés sur les affaires politico-financières en général et Clearstream en particulier. Bien à tort au demeurant, car son écriture est aussi fluide que les dossiers sont touffus…

Avec une complicité sans complaisance, Laurent Astier met en scène ce Spirou au pays des paradis fiscaux, jouant au passage de quelques clins d’œil avec les poncifs du reporter en BD. Le dessin, réaliste et pourvu d’humour, ménageant au passage de beaux panoramiques sur les villes. Le découpage de Yan Lindingre rend tout à coup limpide la complexité de démontage des puzzles de la corruption, sans occulter au passage la part d’humain dans « cette chaîne inhumaine » : le succès qui déborde, la famille qui en prend un coup, les sursollicitations en forme de piège, les dommages collatéraux qu’on doit assumer…

Il y a du Caubère chez Denis Robert. Le premier réinventait et réinterprétait sans cesse son Roman d’un acteur, le second tisse avec tous les matériaux artistiques son roman d’un écrivain-enquêteur. Même acharnement, même obsession à dire sans ressasser, même capacité de restituer un univers. L’entreprise est colossale, et déjà bien entamée ; premier tome de 208 pages, L’Affaire des affaires en est comme une rétrospective à mi-chemin, en contrepoint de son dernier et très beau livre : Une affaire personnelle. Pour l’un comme pour l’autre, bien au delà du narcissisme, la mise en scène de soi-même permet d’interroger des mondes (du théâtre, du journalisme de la politique, des affaires…) et loin de se lasser, on en redemande ! Mieux : la BD incite au flash-back et à la lecture des ouvrages précédents…

Signature ce vendredi, à partir de 18 heures, à la Galerie W – 44, rue Lepic – Paris 18e.


3 commentaires pour “Denis Robert croqué!”

  1. Julie écrit ce commentaire

    Un petit peu kamikaze, le gars, dans cette période terrifiante, mais en tout cas très courageux… Et au moins, lui, il ne retourne pas sa veste !

  2. Xavier Gibraltar écrit ce commentaire

    Denis nous a fait découvrir qu’il y avait des singes à Gibraltar, des caïmans dans des îles,des serpents au Luxembourg, des crocos déguisés en malette à Zurich et des esturgeons à Monaco. Cest dire le talent de cet oeil de linx. Les producteurs des ·Chiffres et des lettres » ne le remecient peut-être pas, mais moi, oui.
    A bientôt et Gracias. Ou comme ils disent à Gibraltar: See yo sous!

  3. wally écrit ce commentaire

    Ce n’est qu’un début continuons les trois tomes.Denis Robert je l’ai vu aussi en Spirou ,Candide au milieu du milieu,nageant dans le plus laid des mondes.Cette BD me touche d’autant plus que je vis entre Metz et Luxembourg.La Lorraine le région la plus touchée par les licenciements ,Mr Mittal n’a plus les moyens de payer des ouvriers,il en a pour acheter le 3ème club de foot de Grande Bretagne.
    Il y a des tacles qui se perdent!!!

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