La belle gifle du rappeur à Assurancetourix

Youssoupha, l'homme dont les tribunes prouvent la connerie de Zemmour et de quelques autres
Le Monde daté du 18 avril a publié samedi une magnifique tribune du rappeur Youssoupha, celui que l’indéboulonnable Eric Zemmour poursuit en justice. Une tribune en forme de camouflet magnifique une petite musique, ritournelle plus répétitive que scandée, selon laquelle le rap est « décérébré », « pauvre musicalement », « promoteur du bling bling, du machisme et de la violence… »
On pourrait citer la Rumeur, Massilia Sound system, le meilleur d’Abd-el -Malik quand il ne sombre pas dans la rhétorique cucul-la-praline du premier de la classe de l’intégration et de sa mère Courage… Sans parler de ce que le hip hop apporte à la danse, le slam à la poésie orale.
Mais on n’envahira pas le lecteur de contre-exemples. Ce que dénonce Youssoupha, et qui vaut la peine d’être mis en relief, ce sont ces clichés insubmersibles et complaisamment propagés.S’ils ne l’étaient que par des cas désespérés tels que Zemmour, on pourrait juste hausser les épaules et en rire. mais non, tous les bons républicains de service s’y mettent , de Bruno Roger Petit (ex François Mitterrand) à Marianne (adoratrice pourtant de la pauvreté musicale et du texte débile, mais uniquement dans l’opérette) et à ses blogueurs droitiers favoris(1), l’emphatique et péremptoire Bilger en tête. . Pour eux, la cause est entendue: le rap français est nul, un sous-genre.Ils en font plus qu’un verdict: une religion. Celle du Républicanisme intégriste menacé par les quartiers, de la langue français abimée par le verlan truffé de SMS, de la bonne « littérature » et « chanson française ». Idolâtrer Hugo, OK, mais l’argot, classe chez Gavroche, truculent et gaillard chez Perret, c’est analphabète et communautariste chez Aziz ou Mohamed.
Inutile de leur rappeler que dans la nébuleuse rap est vaste et qu’émettre un jugement « d’émettre un jugement global sur « le rap » est à peu près aussi intelligent que de dire que « L’homme africain n’est pas entré dans l’histoire, « ou , comme le disaient probablement leurs maîtres à penser , que le rock est une musique de dégénérés drogués. Oui, il y a du rap débile, violent, et macho. la belle affaire! La vulgarité musicale épargnerait-elle un seul genre? ceux qui condamnaient au début du siècle dernier le tango et le jazz se délectaient aux franchouillardises collabos de Maurice Chevalier et consorts, aux chevrotements sirupeux de la chanson prétendue réaliste. Ceux qui hurlent aux louves pour le machisme d’un titre (assez idiot de fait) d’Orelsan ont-il écouté Sardou et Lama, à la misogynie moins crue mais bien enracinée dans la gauloiserie ringarde, voire les rengaines sentimentalo-masochistes de Piaf. ?
(Personnellement, que je ne connais rien de plus machiste que le bêlements crétin: Y’m pique mes sous, Y’m donne des coups, mais je l’êêêêême..)
Mais lisez Youssoupha, dont le seul tort est d’avoir usé du duel verbal pour faire taire Eric Zemmour … ce qui serait une opération de salubrité publique, sur un service prétendument du même nom. Comme dans une fin sympathique de banquet gaulois. 
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1. On en vient à se demander si ce n’est pas un pléonasme: les blogs sélectionnés par Marianne sur son site internet sont dans leur immense majorité trés conservateur sociétalement, sur l’éducation, la culture, la famille, sous couvert d’antilibéralisme. Comme si la dénonciation du libéral-libertaire ne trouvait comme contre-exemple que l’antilibéral réactionnaire! L’hebdo papier reste un peu plus nuancé , sauf sur l’éducation livrée à la seule pensée unique des Polony-Brighelli.
21 avril 2009 à 13h04
un rappeur autrement…
Que va-t-on faire de ces MC’s trentenaires, pas encore aigris, ayant refusé l’illettrisme et l’analphabétisme du genre?
Les cellules grises sont déjà pleines dans les maisons d’arrêt, les caisses des maisons de disques sont vides et les victoires de la musique font dans le paternalisme.
Contrairement autres genres commerciaux qui sont des phénomènes culturels, le Hip Hop, comme le Blues, est un fait social.
L’exception culturelle réprime plus qu’elle n’existe et cette génération en est la preuve.
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