Interlude critique: JE ME SOUVIENS de et avec Jérome Rouger
Naturellement, s’essayer à la manière de, en l’occurrence Perec et son « Je me souviens », plus d’un vous diront que c’est risqué. Mais Jérôme Rouger n’a pas seulement de l’audace, il a aussi un furieux talent. Il dresse pendant une heure avec nous un tableau étourdissant de son enfance à Terves, petite bourgade des Deux-Sèvres. C’est une galerie de portraits hauts en couleurs qui se mèle à ses propres découvertes de gamin et résonne puissamment dans la mémoire de chacun. Bien sûr on y rit, comme toujours chez Rouger, et soudain on se laisse happer par une émotion qui ne s’était pas annoncée. Une bande vidéo élégante, en décalage plus ou moins loufoque avec le propos, renforce la théâtralité bienvenue du propos. Cerise sur le gâteau, pour ceux qui se figurent que ce genre de thèmes n’a pas d’intérêt, Rouger a prévu une réponse directe et savoureuse pendant le spectacle.
Au Lucernaire jusqu’au 25 avril, du mardi au samedi à 19h.