Archive for décembre 2009

Ami de la poésie, bonsoir!

Dimanche 20 décembre 2009
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Jean-Pierre Rosnay, poète et fondateur du Club des poètes, nous a quittés dans la nuit du 19 décembre. Il était le père de Nicolas Roméas, directeur de Cassandre/Horschamp.

Je ne l’ai croisé que tardivement, dans l’antre poétique de la rue de Bourgogne, où Marcelle/Tsou son épouse et Blaise, son autre fils,  entretiennent la flamme. Et où sa maladie n’empêchait pas Jean-Pierre de se lever et de déclamer l’un de ses poèmes. On retenait alors difficilement son émotion…

Ils sont nombreux, les poètes en devenir, à s’être côtoyés depuis 1961 dans ces soirées chaleureuses où la poésie s’extrayait des pages pour être partagée vivante. Où chacun pouvait dire ses poèmes et ceux des autres; où les fantômes des grands anciens, de Villon à Rimbaud, de Cendrars à Césaire, veillaient les vivants, de Depestre aux jeunes poètes.

En un temps qui semble aujourd’hui incroyable, où la poésie avait droit de cité sur les grands médias, c’est aussi à la radio et à la télévision que Jean-Pierre Rosnay animait le « Club des poètes ».

Cet ancien résistant, passé par les maquis de Haute-Savoie, connaissait aussi le pouvoir de résistance par les mots. Il n’a cessé d’opposer aux formes de barbarie plus soft que nous vivons désormais, les armes de l’imaginaire. Et a passé le témoin à ses enfants, qui chacun à leur manière – Blaise au Club des poètes, Nicolas à Cassandre/Horschamp, Violaine et Sabine dans l’art de la marionnette, continuent le combat…

Courage et amitiés à tous.

«We carry the fire», écrit Cormac Mac Carthy dans La route…

Faut-il sortir Hugo du Panthéon?

Dimanche 6 décembre 2009
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Aux grands hommes, les braves patriotes du Figaro.fr et de Causeur.fr ne sont pas trés reconnaissants…

Je l’avoue, il m’arrive, par pur masochisme, d’aller trainer sur des sites de droite.  et même d’y poster des commentaires (courtois).

Ainsi, je n’ai pu m’empêcher de citer régulièrement, pour énerver un peu les tenants l’identité nationale,

un « vieux bobo-gaucho bien pensant habitant les beaux quartiers » (© la réacosphère):

« Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. – Soyons l’humanité.
Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. »

Victor Hugo – 1802-1885 – Choses vues

Bon, sur le site du Figaro, j’ai ajouté quelques propos peu amènes – mais sans insultes– sur les petits blancs effarés…

Il n’en a pas fallu davantage pour qu’on me dise que « les propos insultants ne respectent  pas la charte », et qu’on refoule par trois fois mon commentaire, sur un site où le racisme, la haine, et surtout la bêtise crasse s’étalent en toute liberté, et où l’on traite en toute liberté Benhamias de trâitre à la patrie, Ségolène de dinde, Martine Aubry d’idiote…

Et sur Causeur.fr, sur un post(1) où Elisabeth Lévy s’indigne de voir Edwy Plenel et Médiapart lancer une pétition appelant à refuser un débat aussi instrumentalisé que nauséabond (2), j’ai posté ceci:

« Eh bien pour moi, l’appartenance signifiée par ma carte d’identité n’est pas le repère le plus important et pur tout dire, je m’en fous. Je me sentirai toujours plus proche d’un étranger partageant mes idées et mes valeurs que d’un français du FN. Et ce qui m’attache à la France – un modèle social et l’importance donnée à une culture – ceux qui ont lancé ce débat n’ont rien de plus pressé que de les détruire
Un vieux gaucho bobo écrivait il y a plus d’un siècle:
“Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. – Soyons l’humanité.
Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.”
Victor Hugo (dont l’apport à la France me semble plus essentiel que celui d’eric Besson).
Et le “gros rouge qui tache”, c’est du Sarko dans le texte.
 »

« en attente de modération » depuis 12 h, sur un site aux commentaires non modérés a priori. Et où l’on se veut salon aux propos courtois, en ne traitant Plenel que de « chien » et de « con », et les signataires de « fachos ».

(Ajoutons que le billet en question s’orne d’une vidéo que la dame croit flatteuse pour elle et accablante pour Plenel, alors que tout observateur s’amusera surtout de la voir s’étrangler et menacer de quitter le plateau avec des jappements que Frédéric Lefevbre lui envierait ).

C’est vrai, il est mal pensant, Hugo. Adepte du terrorisme intellectuel habituel de la gauche caviar, aveugle, représentant d’une élite intellectuelle déconnectée du peuple français, qui comme chacun sait  se distingue par son goût du gros rouge qui tâche (2)et son bon sens un brin raciste sur les bords.

Bon, laissons ces grands thuriféraires du débat et de l’identité nationale s’amuser entre eux.

Et n’oubliez pas de signer la pétition de Mediapart. 20000 signataires à ce jour, ça fait pas mal de bobos gauchos bien pensants!

Valérie de Saint-Do

1. Non, je ne donne pas le lien, pourquoi leur ferai-je de la pub?

2. Cette phrase si distinguée du soi-disant représentant des Français, nourrie d’une telle estime pour le peuple, aurait du disqualifier  définitivement et son auteur, et le débat, non? et faire les unes des journaux.

PS. Je surveille, et verrai si mon commentaire sort des griffes de la modération a priori.. tout en m’étonnant qu’elle n’existe apparemment que pour moi.

Mort (de la direction) du livre

Mardi 1 décembre 2009
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Une contribution et une proposition de Michel Thion, suite au délitement constant et obstiné du ministère de la Culture...


Le symbole est fort. Fort de café, a-t-on envie d’ajouter. Suppression de la Direction du livre au Ministère de la Culture, au profit d’une large et bien floue « direction générale des médias et des industries culturelles ».

François Bon, qui, le premier, a mis le doigt sur cette mauvaise action, perpétrée en douce, au détour d’une circulaire, publie en annexe à sa pertinente réflexion sur le sujet, la circulaire en question, qu’il faut lire en détail.

On y trouve notamment cette perle :

« Le directeur général des médias et des industries culturelles est assisté d’un directeur adjoint qui peut être chargé du livre (c’est moi qui souligne…) et de la lecture ou des médias, ainsi que d’une mission transversale au sein de la direction générale. » On ne saurait mieux dire à quelle misère le livre va être réduit dans cette répugnante « réorganisation ».

Le mouvement est lancé depuis deux ans, avec la fameuse « lettre2mission » (si, si, c’est comme ça qu’elle s’appelle sur le site du Ministère :

) où notre bon président exigeait que le Ministère ne subventionnât que des œuvres « répondant à l’attente du public » Manifestement, les livres ne répondent pas à l’attente de Frédéric Mitterrand. Il est vrai que si l’on considère ceux qu’il écrit, on comprend qu’il n’ait pas envie de lire…

Fin, donc de toute politique du livre. Rideau, rentrez chez vous, il n’y a plus rien à voir. Qu’ils crèvent tous, les lecteurs, les auteurs, les livres, les éditeurs, les libraires, et même les bibliothécaires.

Plus rien ? Voire, nous ne mourrons pas dans le silence et la résignation, face à un gouvernement d’ilotes.

Alors une suggestion, une pressante objurgation, une idée en quelques étapes :

  • Chaque jour de 12h00 à 13h00 (par exemple) un auteur ou un lecteur, ou tout autre amoureux du livre vient lire, à voix haute, au Ministère, dans les colonnes de Buren, sous les fenêtres du triste biographe des têtes couronnées un (ou des) livre(s) à son choix. Relais à prendre, d’autres peuvent continuer. Mais chaque jour quelqu’un vient lire là.

  • En partant, ils laissent sur place le livre dans une boîte noire, cercueil symbolique de celui où le Ministère veut l’enterrer.

  • Suggestion instante : on ne lit pas ses propres livres, mais ceux des autres, il n’en manque pas depuis 5000 ans…

  • Et puis, un jour à fixer, dans chaque ville, sur des places publiques un peu calmes, des actions similaires sont menées, à la même heure.

  • Pas de discours, juste un panneau explicatif et la littérature qui parle pour elle-même.

  • On alerte la presse, ce qu’il en reste, on en parle, on fait connaître cette menace écologique gravissime.

  • Ensuite ? C’est ouvert…

Qui veut participer, appeler, organiser, prendre des relais ? On commence quand ?

Michel Thion