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Agit'prop, Le désastre du jour, MicroCassandre, Sur le ring

La Miroiterie ne se laissera pas fermer!

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MicroCassandre, Sur le ring

Réaction de Francis Parny après l’appel « Impossible absence »

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MicroCassandre

Le vertige des animaux avant l’abattage

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Jugements injustes, Théâtre

De l’âme des hommes

La suite, page 1095

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La Miroiterie ne se laissera pas fermer!

Publié dans Agit'prop, Le désastre du jour, MicroCassandre, Sur le ring | Commentaires (2)

L’un des plus anciens et plus actifs squats parisiens est menacé de fermeture.

Avant son procès le 15 mars, la Miroiterie n’entend pas rester silencieuse.

Elle donne rendez-vous à tous ses amis sur facebook pour préparer une riposte efficace (et festive) le dimanche 14 mars… . Si vous voulez vous tenir au courant, rejoignez ses amis sur Facebook!

Et pour les allergiques aux « rézosocio », on vous tiendra au courant, mais à temps… ;-)

Autre lieu menacé : le local de la CIP-IDF (coordination des intermittents et précaires) quai de Charente. Soutenez-les!

PS : Pour plus détails sur la Miroiterie, lire le premier commentaire…

Valérie de Saint-Do @ 5 mars 2010

Réaction de Francis Parny après l’appel « Impossible absence »

Publié dans MicroCassandre, Sur le ring | Commentaires (1)

J’ai signé l’appel lancé par la revue Cassandre-Horschamp parce que je ressens je crois la même exaspération que celles et ceux qui l’ont initié sur le manque infini que représente l’effacement de la question artistique dans le débat public, c’est-à-dire politique.

Comme si l’accès de toutes et de tous aux arts et à la culture aujourd’hui était devenu l’affaire de responsabilité individuelle et de bonne volonté personnelle ; comme si le développement des grands moyens de communication et d’échange offrait toute garantie de respect de la diversité culturelle ; comme si toutes les pratiques artistiques étaient reconnues sur nos lieux de vie qu’on appelle territoire pour mieux les opposer, dans une concurrence sans limite, aux cultures qui s’épanouissent dans d’autres lieux dans d’autres pays et qui pourtant sont présents partout aujourd’hui comme une chance immense d’enrichissement mutuel.

Oui, j’enrage de voir l’intervention publique en faveur des arts et de la culture « mégotée » à chaque nouvel exercice budgétaire des collectivités publiques. Sommes-nous dans une dépense publique pharaonique ? Le budget du ministère de la culture a-t-il doublé pour atteindre 2% du budget de la nation ? Quelqu’un, à part les organisations professionnelles du spectacle vivant, a-t-il osé envisager de porter à 0,60% du PIB, l’effort du gouvernement pour les arts et la culture ?

Non seulement je n’entends pas de tels engagements mais les responsables politiques de droite et malheureusement souvent de gauche, continuent de s’habituer à ne plus considérer les arts et la culture comme des questions essentielles à qui veut porter un projet de société. Comme force d’imaginaire et comme réalité de travail, par les pratiques qu’ils induisent, par les œuvres produites et leur mise en partage ils sont pourtant consubstantiels des questions de transformation de société. Par la diversité des représentations qu’ils font émerger, par l’autonomisation des savoirs et l’émancipation collective qu’ils permettent, par leur approche sensible aussi, qui fait de l’homme la référence ultime, ils nous permettent d’échapper à la normalisation et à la réduction de la vie par l’évaluation chiffrée, uniquement quantitative que l’ultra libéralisme essaye de nous imposer comme seule valeur de notre activité. Toutes celles et tous ceux qui signent cet appel, artistes, créateurs, acteurs sociaux, s’efforcent, il me semble, de redonner cette valeur à leur travail.

J’ai signé cet appel comme citoyen, mais aussi comme élu en charge de ces questions. Le texte de l’appel situe bien l’enjeu des véritables coups de boutoir de la droite et de son président contre l’intervention publique dans tout le champ social comme dans le champ artistique et culturel. La déconstruction progressive du ministère de la culture en témoigne, c’est bien de la destruction des politiques publiques dont il s’agit. Face à ce danger qui laisserait le champ libre au tout marchand et au règne sans partage des industries culturelles il est grand temps que tous les élus de gauche se ressaisissent pour affirmer que le développement des arts et de la culture, le partage de la création est un investissement indispensable à toute civilisation au bénéfice de chacun et de chacune pour son émancipation. La compétence culture n’est pas une compétence qui se négocie. Elle devrait être assumée comme prioritaire par toutes les collectivités publiques comme un véritable investissement dans nos humanités. S’il y a des économies à faire, ne les faisons pas sur ce qui nous parait indispensable, faisons-les en refusant d’accompagner des politiques nationales inspirées des modèles libéraux dominants dans certains champs d’activité pourtant non obligatoire.

Francis Parny

Vice-président à la Culture de la Région Île-de-France

Nota Bene : Cette situation rend indispensable de travailler ensemble, artistes, acteurs culturels et élus. C’est ce qui m’a conduit a proposer dans cette élection régionale à nombre d’amis, l’organisation de rencontres publiques et la création d’un site (1) pour ouvrir un lieu de réflexion partagée et de débat afin de construire ensemble une politique publique en faveur des arts et de la culture en Ile-de-France.

(1) www.sansreserve.net

Samuel Wahl @ 22 février 2010

Le vertige des animaux avant l’abattage

Publié dans MicroCassandre | Commentaires (1)

Avec son cycle consacré à Dimitri Dimitriadis, l’Odéon permet de découvrir un auteur fondamental du 20e et 21e siècle.

Par Thomas Hahn

Combien d’auteurs, combien de metteurs en scène ont tenté de trouver un tremplin contemporain pour s’élancer vers les mythes grecs ? Combien de tentatives de retrouver la sève d’un Euripide dans le monde contemporain ? Au résultat, beaucoup de belle prose, mais aucun moyen pour échapper à cette fatalité qui veut qu’on sacrifie, soit le rapport au mythe, soit le lien avec le monde actuel. Seul un Grec pouvait finalement donner un élément de réponse à cette question qui hante le théâtre contemporain, à savoir: Comment écrire une tragédie aujourd’hui?

Dans Le vertige des animaux avant l’abattage, Dimitriadis revisite les mythes tels Oedipe ou Cassandre en les replaçant dans le monde actuel, sans rien perdre ni de leur force intemporelle, ni du rapport direct au quotidien du spectateur, ni du trouble qu’on éprouve devant la déchéance des protagonistes. Ici il ne s’agit pas de réécrire à partir d’une oeuvre de Sophocle ou d’Euripide, mais de partir à la fois du monde actuel et de l’ensemble des mythes grecs, pour composer un traité sur la condition humaine.

Quel est ce vertige que l’humanité éprouve aujourd’hui? Depuis Auschwitz au plus tard, ce n’est plus le pouvoir des dieux qui remplit l’Homme de vertige, mais sa propre capacité destructrice. C’est pour cela qu’il semblait impossible d’écrire une tragédie de nos jours. Mais Dimitriadis démontre que c’est précisément pour cette raison qu’il faut écrire des tragédies aujourd’hui, et qu’on peut y arriver. Par ailleurs, il se peut que les dieux antiques étaient plus bienveillants avec l’Homme qu’il ne l’est lui-même. C‘est pourquoi les personnages d’A, B et C, à la fois les dieux et le chœur, incarnent tous ceux qui, dans nos sociétés, exercent un pouvoir sur les citoyens, à savoir les institutions politiques, scientifiques ou morales. Ils font écho au choeur dans Antigone: « Il est bien des merveilles en ce monde, il n’en est pas plus grand que l’Homme /…/ parole, pensée vite comme le vent, aspirations d’où naissent les cités… » Dimitriadis nous parle de notre époque à travers un langage empreint de métaphores ancestrales comme « semence » et « moisson ».

Le vertige des animaux avant l’abattage raconte l’histoire d’une famille qui semble représenter l’humanité dans son ensemble. Cette famille vit une ascension miraculeuse vers la richesse matérielle, suivie d’une chute vertigineuse vers le malheur. Une métaphore? On peut y voir l’éclatement d’une bulle spéculative à la bourse et même le devenir de l’humanité, de son essor porté par l’industrialisation jusqu’à sa probable autodestruction. La famille en question a un fils bisexuel qui passe ses nuits à tagger le nom de sa cellule révolutionnaire: Rage et Conscience. Logiquement, il sera abattu par la police. La chute matérielle va de pair avec une chute morale, d’inceste en inceste. Tout en sachant qu’il leur faudrait maîtriser leurs pulsions pour se sauver, les protagonistes en sont incapables. Dans le théâtre anglais ou allemand, on montrerait les personnages dans les détritus de leur consommation effrénée de drogues. La mise en scène de Caterina Gozzi est au contraire très sobre, et donc tragique, car clairvoyante. Une vraie Cassandre, en quelque sorte.

Il faut le dire à l’Homme, par-ci, par-là: Ce qui le met en danger c’est sa capacité à refouler ce qui lui déplaît d’entendre ou de regarder. Il est mis en échec par ce qui lui échappe, à savoir ses pulsions, et donc lui-même. Le vertige, ce sont les peurs de l’Homme devant sa liberté et la possibilité d’être heureux, la sensation de perdre le contrôle d’un réel qui devient de plus en plus insaisissable, à commencer par le langage. Est-ce l’Homme qui domine les mots ou faisons-nous face à un langage imposé qui conditionne ce que nous sommes?

C’est à ce niveau qu’un débat s’engage autour de la pièce. S’agit-il d’un constat d’impuissance, tel un oracle dévastateur, ou d’un avertissement? Pour David Wahl, le dramaturge de cette production, la cruauté qui se dégage de la pièce « n’est pas tant due à la déchéance de ces êtres qu’à leur inconscience du danger. Ou plutôt dans leur acceptation de leur chute. » Ce qui nous met sur les bons rails pour constater que Le vertige des animaux avant l’abattage est in fine une pièce écologique, la chronique d’un suicide collectif annoncé.

Le vertige des animaux avant l’abattage de Dimitri Dimitriadis, mise en scène Caterina Gozzi

Théâtre de l’Odéon/ Ateliers Berthier, jusqu’au 20 février

Cycle Dimitriadis jusqu’au 12 juin 2010

[->http://www.theatre-odeon.eu]

Valérie de Saint-Do @ 16 février 2010

De l’âme des hommes

Publié dans Jugements injustes, Théâtre | Commentaires (0)

Cynthia Gava, comédienne et metteuse en scène, prolonge, en connivence avec Jean Gillibert, poète, romancier, dramaturge, et psychiatre, l’exploration de son œuvre fortement marquée par Artaud, aux tréfonds de l’âme des hommes.
Le « Crime de Flo » nous emmène dans une veine burlesque et sombre, à partir d’un fait divers partiellement élucidé : une femme qu’on dit avoir tué son mari à l’arsenic, avec patience et obstination, distillant le poison goutte à goutte, jour après jour, année après année.
Jugée, et disculpée faute de preuve – quand les relevés d’arsenic se révèlent aussi présents, à dose mortifère, dans la terre même qui fait le cimetière – elle refuse pourtant jusqu’au bout de rendre des comptes, préférant en définitive choisir plutôt que recevoir la mort.
Revenue sur sa tombe, et sur celle de son fils suicidé, deux fossoyeurs aux accents shakespeariens crus et cruels l’y attendent, fabulant avec malignité sur les tourments humains. Entourée par ces drôles, empruntant les méandres de la mémoire du crime, à la manière parfois d’un Pierrot le fou, laissant de côté le remord mais pas le sensible, l’inexpliqué, elle ira au bout de ces inéluctables « retrouvailles ».

Les comédiens, Karim Bouziouane et Pierre Bourduge, Maryvonne Schiltz, Marc-Olivier Sephiha, excellent à nous entraîner dans cette vertigineuse sarabande, où la tragédie se maintient en tension permanente avec la trivialité de la vie, transgressive de toute part. Dans le texte et sur scène, Rabelais, Jérôme Bosch, sources d’inspiration convoquées ici à juste titre, pourraient se voir rejoints dans un registre plus contemporain par Schönbein : rigueur, austérité du cimetière baigné de lumières automnales, mais aussi onirisme doux-amer et ironie crue, portés dans le très ingénieux univers scénographique de Karim Bouziouane. Le romantisme et la modernité d’un Saint-Saëns ou d’un Fauré résonnent aussi dans les fragments composés par le jazzman Berry Hayward, bruissant des voix souterraines des morts jusqu’à porter aux cieux la clameur d’un chœur spectral.

« Quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter… ». Le « coup de grâce » final ne dénoue heureusement pas le mystère sulfureux et impur qui affleure tout au long de la pièce; on en retient surtout un parfum de surnaturel trouble et entêtant. Métaphysique du « je ne sais quoi » et du « presque rien » disait Jankélévitch…

Ce travail théâtral, d’une grande maîtrise, a le mérite de servir une compréhension poussée de l’œuvre, qui ne renonce ni à la meilleure part de l’homme, ni à la pire, et d’inviter à sa mise en partage sensible. Humain, jamais trop humain.

Samuel Wahl.

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Le crime de Flo de Jean Gillibert, m.s. Cynthia Gava

Jusqu’au 17 février 2010 à la Maison des métallos, 20h30
94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11ème M° Couronnes, Parmentier / Bus 96
Réservations : 01 48 05 88 27 / reservation@maisondesmetallos.org

Samuel Wahl @ 16 février 2010

Mesdames et Messieurs, Dansoir!

Publié dans MicroCassandre | Commentaires (3)


Dans un esprit explorateur et chaleureux à la fois, naît un festival qui est l’un des rares dans la capitale à mériter cette appellation non contrôlée. Qu’est-ce qu’un festival? Un rendez-vous artistique qui crée un état d’exception. Et qui dit état d’exception, dit: unité de lieu, de temps et d’esprit. C’est fait. Le lieu: Le Dansoir. Le temps: Deux semaines en février. L’esprit: Peau-éthique et peau-litique, pluri-, trans- et indisciplinaire.

Par Thomas Hahn

Indisciplines, festival au titre conflictuel, illustration parfaite de la crise de sens de la danse contemporaine. Un chapiteau en dur, un magic mirror, baptisé Le Dansoir. Karine Saporta eut l’idée de l’installer entre les quatre tours de la Bibliothèque François Mitterand, chaque année d’octobre à mars. Ce chapiteau d’une autre époque est une installation sur le parvis de la Bibliothèque François Mitterand, en décalage complet par rapport aux tours et par rapport au jardin intérieur dont il semble caresser les cimes. Un lieu du corps et du mouvement qui chatouille le monde des lettres. Pour mieux explorer comment un tel espace peut s’articuler avec la création chorégraphique, Saporta a invité Sabrina Weldman (1) à chercher les ouvertures nécessaires et à multiplier les prises de risque. Comme le spectacle frontal connaît aujourd’hui une certaine crise de sens, la possibilité d’explorer d’autres rapports au public est la bienvenue. Ce chapiteau romantique, conçu autour de sa piste de danse, est un prisme qui capte et incarne la mobilité des créateurs à l’esprit libre.

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Performance de Gaël Depauw (© Thomas Hahn)

Ambiance magique carrément pour la performance/installation Did Eve need make-up? de Gaël Depauw. Une femme couchée sur un lit (de mort?), son corps nu transformé en une page blanche à décorer par les visiteurs. Alors ils se mettent à défiler, un par un. Dans le sas, on leur met des gants de chirurgie, avant de les lancer à la découverte d’un espace légèrement sacralisé. Dès le départ, l’ambiance invite à s’adonner aux frissons. Sur une table, des centaines de produits de maquillage. Cette femme s’offre à tous, pour leur permettre de créer une oeuvre d’art collective et éphémère. Cadavre exquis! Le jeu de mots devient jeu de peau. Dans son lit couvert de paillettes, la dormeuse intrigue. Traits, paroles et dessins apposés sur sa peau blanchie construisent une communauté, humaine et artistique. L’oeuvre est achevée quand le dernier visiteur a signé le pacte avec cette Belle au Bois dormant. Ensuite, tous sont invités à se regrouper autour du lit. C’est alors qu’elle se réveille, comme dans un songe, sous des paillettes qui pleuvent comme des baisers. Mais Gaël Depauw ne se limite pas au mystère. En prologue, elle explique la raison d’être, intime et liée à l’enfance, de cette recherche du trouble. Et pour prouver son « indiscipline », elle salue la communauté par l’unique orifice qui nous restait caché quand nous la décorions.

Le plancher encore enchanté par les paillettes de la veille, on découvrit Clyde Chabot qui y installa Un Musée (de théâtre). Dire que cette installation est interactive serait un euphémisme. Sans engagement total de la part des visiteurs, elle resterait lettre morte. Mais le risque est proche de zéro. Le principe est si limpide et stimulant qu’on n’hésite pas un instant pour se balader entre les bribes de textes disséminés au sol. Tous sont tirés de Hamlet Machine de Heiner Müller. Il suffit d’en choisir un ou plusieurs par lesquels on exprime quelque chose de son ressenti face à soi-même. A combiner avec une photo représentant le réel du monde actuel, pour s’y inscrire avec son corps et les citations choisis. Et là aussi, on participe à la création d’une oeuvre collective. Tous les « autoportraits » photographiques ainsi réalisés sont à (re)visiter sur le site www.inavouable.net. Et les paillettes au sol donnèrent envie d’y retrouver Gaël Depauw, dans son plus simple (mais néanmoins très complexe) appareil, en arborant du Heiner Müller recomposé, du genre « un monument / des deux côtés du front » ou « le fantôme / ma viande », brillamment insérée dans un paysage humain, urbain ou fantaisiste…

installation de Clyde Chabot ( ©Thomas Hahn)

installation de Clyde Chabot ( ©Thomas Hahn)

D’autres installations sont à venir. Karine Saporta présentera le 18 février « La danse contemporaine, une histoire de baisers et de morsures », à savoir une série d’interviews où les chorégraphes témoignent de leur souffrance au travail, liée aux conditions matérielles ou autres. Une parole qui pourrait, en se libérant, se révéler explosive.

Reste à voir comment les quelques chorégraphes travaillant sans participation de plasticiens ou autres éléments perturbateurs réussiront à résoudre l’équation du magic mirror. C’est par ailleurs Saporta elle-même qui, en amont du festival, prouva avec sa revue érotique La Maison Chéri-Chérie combien son espace est un gros trou noir avalant les meilleures intentions. Avec son ambiance cosy, Le Dansoir donne en effet l’illusion qu’il s’agit d’un espace intimiste. En vérité, c’est tout le contraire. Un magic mirror est un espace de liberté, mais un espace monstrueux. Et la liberté est totale ou elle n’est pas.

www.saporta-danse.com

Jusqu’au 18 février 2010

(1) Critique au magazine Beaux-Arts

Valérie de Saint-Do @ 13 février 2010